MENA Newswire , LE CAIRE : Selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur les Perspectives économiques mondiales, l'économie égyptienne devrait croître de 4,8 % au cours de l'exercice 2026/2027, signe d'une accélération progressive de la croissance après une période de tensions économiques. Cette projection reflète une amélioration de la stabilité macroéconomique, une demande intérieure plus forte et un allègement graduel des pressions extérieures qui ont pesé sur l'économie ces dernières années. La Banque mondiale a confirmé que les perspectives à moyen terme de l'Égypte demeurent parmi les plus solides de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Le rapport a également confirmé ses prévisions selon lesquelles le produit intérieur brut de l'Égypte devrait croître d'environ 4,3 % au cours de l'exercice fiscal 2025/2026, avant de poursuivre sa progression en 2026/2027. Cette accélération attendue fait suite à une croissance plus faible enregistrée les années précédentes, où l'inflation élevée, les pénuries de devises et les perturbations économiques mondiales ont freiné l'activité. La Banque mondiale a noté que les récents ajustements de politique économique ont contribué à stabiliser les principaux indicateurs, créant ainsi les conditions d'une reprise plus durable.
La croissance est soutenue par une consommation privée plus vigoureuse, de meilleures performances à l'exportation et une reprise de l'activité des services. L'assouplissement des restrictions à l'importation et l'amélioration de la disponibilité des devises étrangères ont contribué à normaliser les chaînes d'approvisionnement et à soutenir l'activité des entreprises. Les recettes touristiques ont poursuivi leur redressement, contribuant ainsi à la croissance du secteur des services, tandis que l'activité manufacturière a bénéficié d'une demande extérieure plus forte et d'un meilleur accès aux intrants.
L'économie égyptienne a subi de fortes difficultés à la suite d'une période de tensions financières qui a culminé avec une dépréciation marquée de la monnaie et une inflation élevée. La croissance a considérablement ralenti durant cette période, le pouvoir d'achat s'étant affaibli et l'activité d'investissement ayant faibli. Depuis lors, une combinaison de mesures budgétaires, de resserrement monétaire et de soutien financier extérieur a contribué à rétablir une certaine stabilité, permettant à l'activité économique de reprendre son élan dans plusieurs secteurs.
Les réformes sous-tendent les perspectives de reprise
La Banque mondiale a indiqué que l'accélération de la croissance prévue reflète la poursuite des réformes économiques visant à renforcer la discipline budgétaire et à améliorer le climat des affaires. Les mesures de rationalisation des dépenses publiques, d'amélioration du recouvrement des recettes et de soutien à la participation du secteur privé ont contribué à renforcer la confiance des investisseurs . La collaboration avec les institutions financières internationales a également permis d'ancrer les cadres politiques et de soutenir les efforts d'ajustement macroéconomique.
Malgré l’amélioration des perspectives, des défis structurels persistent. Le niveau de la dette publique demeure élevé et les besoins de financement extérieur continuent de constituer des contraintes. Les tensions sur le marché du travail persistent, notamment chez les jeunes, et la réduction de la pauvreté reste un enjeu politique majeur. La Banque mondiale a souligné que le maintien d’une croissance durable dépendra de la poursuite des réformes visant à stimuler la productivité, à accroître les possibilités d’emploi et à renforcer la compétitivité de l’ensemble de l’économie.
Risques externes et facteurs régionaux
L'évolution de la situation régionale continue d'influencer les performances économiques de l'Égypte , notamment par le biais des échanges commerciaux et de la logistique. Les perturbations des voies maritimes liées aux tensions sécuritaires régionales ont eu un impact sur les recettes du canal de Suez et des services associés. Bien que la situation montre des signes de stabilisation, la Banque mondiale souligne que le libre-échange imposé par l'Égypte la rend vulnérable aux fluctuations de la demande mondiale et aux chocs externes.
À moyen terme, la Banque mondiale prévoit que la croissance égyptienne sera soutenue par une amélioration progressive des conditions d'investissement et un environnement macroéconomique plus stable. Les investissements directs étrangers dans les infrastructures, l'énergie et le secteur manufacturier demeurent d'importantes sources de capitaux, tandis que les transferts de fonds continuent de jouer un rôle essentiel dans les entrées de devises. Le maintien de la cohérence des politiques sera déterminant pour préserver ces entrées de capitaux.
La prévision de croissance de 4,8 % pour 2026/2027 place l'Égypte dans une situation économique plus solide qu'au cours des dernières années, selon la Banque mondiale. Malgré la persistance de défis, cette projection indique que l'économie s'oriente vers une croissance plus équilibrée, soutenue par les réformes, la reprise de la demande intérieure et une normalisation progressive des conditions extérieures.
L’article « La Banque mondiale prévoit une croissance de 4,8 % de l’économie égyptienne en 2026-2027 » est initialement paru sur Front Page Arabia .
