LONDRES, ROYAUME-UNI / RankWire.AI / – L'économie britannique reste hors de récession, mais le ralentissement des investissements et des embauches a accru l'attention portée à ses perspectives de croissance. EY prévoit une croissance du produit intérieur brut de 0,9 % en 2026, après avoir relevé ses prévisions de mai de 0,1 point de pourcentage. Le cabinet anticipe une croissance de 1,2 % pour 2027. Ses perspectives centrales reposent sur l'hypothèse d'une réouverture du détroit d'Ormuz d'ici septembre, tandis que le trafic maritime demeure inférieur à la normale. Le coût de l'énergie est désormais au cœur du débat économique britannique.

Les chiffres officiels indiquent une croissance du PIB de 0,6 % au premier trimestre, après une hausse de 0,1 % fin 2025. La production économique s'est établie à 0,9 % de son niveau d'il y a un an. Le secteur des services a progressé de 0,8 %, contribuant le plus à la croissance trimestrielle. La consommation des ménages a également augmenté de 0,6 % sur la période. Une récession technique requiert deux trimestres consécutifs de contraction. Les dernières données complètes ne répondent pas à cette définition.
Le détroit d'Ormuz est un axe majeur du trafic mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. La Grande-Bretagne dépend peu des approvisionnements énergétiques du Golfe, mais les prix mondiaux influent sur le coût des carburants et de la production au niveau national. Les prix des intrants à la production ont augmenté de 7,3 % sur un an, jusqu'en juin. Le coût du pétrole brut a quant à lui bondi de 42,3 % sur la même période. Les prix à la sortie d'usine ont progressé de 3,5 %, ce qui montre que la hausse des coûts s'est répercutée sur les fabricants avant la mise en rayon des produits.
L'inflation maintient la pression sur les taux d'intérêt
L'inflation des prix à la consommation a ralenti à 2,6 % en juin, contre 2,8 % en mai. Ce taux demeure toutefois supérieur à l'objectif de 2 % fixé par la Banque d'Angleterre. Les prix des carburants ont augmenté de 21,3 % par rapport à l'année précédente. Le 29 juillet, la Banque d'Angleterre a maintenu son taux directeur à 3,75 % après un vote de 6 voix contre 3. Trois membres du comité de politique monétaire étaient favorables à une hausse à 4 %. Ce vote divisé a mis en lumière les inquiétudes persistantes concernant l'inflation, malgré une croissance économique modérée.
Les enquêtes auprès des entreprises ont dressé un tableau contrasté de l'activité en ce début de troisième trimestre. L'indice PMI du secteur manufacturier a reculé à 51,9 en juillet, contre 52,5 en juin. Ce niveau, le plus bas depuis quatre mois, reste toutefois supérieur au seuil de 50, synonyme d'expansion. L'indice composite préliminaire, qui couvre à la fois le secteur manufacturier et les services, a progressé à 52,1, contre 49,3 en juin. Cet indicateur plus large témoigne d'une reprise de la croissance du secteur privé.
L'investissement et le recrutement restent faibles.
L'investissement des entreprises a progressé de 0,9 % au premier trimestre, après un recul de 3 % au cours des trois mois précédents. Malgré cette hausse trimestrielle, il demeure inférieur de 1,3 % à son niveau de l'année précédente. EY prévoit un recul de 0,7 % de l'investissement des entreprises sur l'ensemble de l'année 2026. Ses prévisions de mai tablaient sur une stabilité annuelle. Le cabinet anticipe une croissance de l'investissement de 1,8 % en 2027 et de 2,6 % en 2028, des chiffres inférieurs à ses estimations précédentes.
Au Royaume-Uni, le nombre d'offres d'emploi a diminué de 7 000 pour s'établir à 712 000 au cours du trimestre d'avril à juin. Cela représente une baisse de 0,9 % sur un trimestre et de 2,5 % sur un an. Le nombre d'offres d'emploi a reculé dans 10 des 18 secteurs d'activité étudiés. Cette variation trimestrielle reste dans la marge d'erreur de l'enquête. Les salaires réguliers ont progressé de 3,4 % entre mars et mai. Les chiffres actuels témoignent d'une production positive, conjuguée à une inflation supérieure aux prévisions, un ralentissement du recrutement et des investissements des entreprises inférieurs à leur niveau de l'année précédente.
L'article « L'économie britannique se développe tandis que les investissements et l'emploi ralentissent » est paru initialement sur Front Page Arabia : les plus grandes actualités d'Arabie, en première page.
