LONDRES / RankWire.AI / – Le secteur manufacturier de la zone euro a connu une croissance en juillet, la production industrielle atteignant son rythme le plus rapide depuis près de quatre ans et demi. L'indice PMI manufacturier mondial de S&P a progressé à 51,9, contre 51,4 en juin. Un chiffre supérieur à 50 indique une expansion. Ce résultat est légèrement inférieur aux prévisions initiales de 52,0. Si la production a accéléré en début de troisième trimestre, les indicateurs de la demande montrent que la reprise reste inégale au sein de la zone euro.

L'indice de production des usines a progressé à 52,9, contre 51,7 précédemment, atteignant son plus haut niveau depuis mars 2022. Les entreprises manufacturières ont accéléré leur production malgré une croissance marginale des nouvelles commandes. Au cours du mois, les nouvelles commandes clients ont légèrement augmenté, mais les commandes à l'exportation ont continué de reculer, les difficultés rencontrées en France, en Espagne, en Italie et en Autriche ayant éclipsé les améliorations observées ailleurs. Les entreprises ont fortement dépendu de leurs commandes en cours pour maintenir leur production actuelle, ce qui explique que la croissance de la production ait été supérieure à la nouvelle demande, tant sur le marché intérieur qu'à l'international.
Le secteur a réduit son carnet de commandes au rythme le plus rapide depuis janvier, les entreprises ayant honoré leurs commandes en cours. Ce recul a soutenu la production malgré une croissance limitée des nouvelles commandes. Par ailleurs, les fabricants ont de nouveau réduit leurs effectifs en juillet, accentuant ainsi le récent repli de l'emploi dans le secteur. La confiance des entreprises a atteint son plus haut niveau depuis février ; cependant, elle demeure inférieure à la moyenne de long terme. L'enquête révèle un secteur produisant davantage de biens, mais confronté à la faiblesse des commandes, aux réductions d'effectifs et à des perspectives prudentes.
La demande étrangère reste faible.
La demande extérieure a continué d'exercer une pression à la baisse sur le secteur manufacturier de la zone euro en juillet. Les exportations de biens ont reculé dans plusieurs grandes économies, et les améliorations constatées sur d'autres marchés n'ont pas permis de compenser ces baisses. Les commandes intérieures n'ont apporté qu'un soutien limité. L'écart entre la production et les nouvelles commandes s'est creusé, les usines traitant les engagements existants. Cette situation a permis aux entreprises d'accroître leur production sans augmentation correspondante de la demande, ce qui a réduit le carnet de commandes nécessaire au soutien de l'activité future.
Malgré les perturbations persistantes des principales chaînes d'approvisionnement, les pressions sur les coûts des intrants se sont atténuées au cours du mois. L'inflation des prix des intrants a ralenti à son plus bas niveau en cinq mois et les fabricants ont augmenté leurs prix de vente au rythme le plus faible depuis mars. Les délais de livraison, bien que toujours supérieurs à la normale, se sont améliorés par rapport aux cinq mois précédents. Les entreprises ont été confrontées à une hausse persistante des coûts de l'énergie et à des problèmes de transport liés à l'instabilité au Moyen-Orient. Ces données indiquent un ralentissement de la croissance des prix, conjugué aux difficultés opérationnelles persistantes des producteurs de la zone euro.
La croissance économique générale reste positive
Ces chiffres du secteur manufacturier s'inscrivent dans un contexte de reprise plus générale de l'activité du secteur privé. L'indice composite de la production de la zone euro a atteint 51,9 en juillet, son plus haut niveau en cinq mois. Cet indicateur, qui couvre à la fois le secteur manufacturier et les services, est resté supérieur au seuil de croissance. La croissance globale de l'économie a soutenu cette hausse de la production. Cependant, la demande manufacturière est demeurée inférieure aux niveaux de production. Des indicateurs tels que les nouvelles commandes, les exportations et l'emploi ont tous reflété une situation moins favorable que ne le laissait présager le chiffre global de la production au début du troisième trimestre.
Eurostat a annoncé que le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a progressé de 0,4 % au deuxième trimestre par rapport aux trois mois précédents. L'économie avait enregistré une croissance nulle au premier trimestre. L'inflation a atteint 2,9 % en juillet, contre 2,8 % en juin. Le taux de chômage est resté stable à 6,3 % en juin. L'ensemble des données officielles et des enquêtes auprès des entreprises témoigne d'une activité économique résiliente, malgré les pressions persistantes liées à la faiblesse de la demande industrielle, à la hausse des prix et à la faible croissance des exportations dans la zone euro.
L'article « Eurostat annonce une croissance du secteur manufacturier malgré un ralentissement des commandes à l'exportation » est paru initialement sur Front Page Arabia : les plus grandes actualités d'Arabie, en première page.
